Quand un dépôt, un entrepôt ou un commerce brûle, le stock de marchandises est souvent le premier poste de la réclamation. C’est aussi celui qui se prouve le plus mal : ce qui a brûlé ne peut plus être compté.
L’expert de la compagnie ne se contentera pas de votre liste. Il reconstituera votre stock à partir de votre comptabilité. Un montant qui ne peut pas y être rattaché sera contesté, et risque d’affaiblir l’ensemble de votre réclamation. Mieux vaut faire ce calcul avant lui.
La méthode : reconstituer le stock à partir des comptes
Le principe est simple et couramment admis en expertise : on part du stock connu au dernier bilan, on ajoute ce qui a été acheté depuis, et on retire ce qui a été vendu. On obtient le stock qui devait se trouver dans vos locaux le jour de l’incendie.
- Le stock au dernier bilan : la ligne « Marchandises » de l’actif de votre bilan.
- Les achats depuis la clôture : attestés par votre expert-comptable, jusqu’au jour du sinistre.
- Les ventes de la même période, ramenées au prix d’achat : vos ventes sont connues au prix de vente ; on les divise par le rapport entre vos ventes et le coût des marchandises vendues, calculé sur vos derniers exercices.
- Le stock des sites qui n’ont pas brûlé : vos comptes regroupent tous vos dépôts ; on retire le stock de ceux qui sont intacts, extrait de votre logiciel de gestion.
Chaque euro de stock surévalué dans un dépôt intact est un euro de moins pour le site sinistré : ces états de stock méritent d’être vérifiés.
Quand votre listing dépasse vos comptes
Il arrive que l’état de stock du site sinistré soit plus élevé que ce que la comptabilité permet d’expliquer. Cela ne veut pas dire qu’il est faux. Cela veut dire qu’il faudra le justifier, et que seules quelques explications le permettent :
- Des marchandises reçues dont la facture n’était pas encore comptabilisée : elles étaient dans vos locaux, mais pas dans vos achats.
- Des marchandises vendues et facturées, en attente d’enlèvement : elles sont sorties de votre stock comptable, mais elles ont brûlé chez vous.
- Des stocks surévalués dans les dépôts intacts : un comptage de contrôle permet de le vérifier.
- Une marge qui a changé depuis le dernier bilan : hausse de vos prix de vente, changement de gamme. Votre expert-comptable doit pouvoir l’expliquer.
Tant que ces justificatifs ne sont pas réunis, un montant plus élevé que celui que démontrent vos comptes ne doit pas être présenté à l’assureur.
Ce qui s’ajoute, ce qui se retire
- Les frais d’approche : le transport sur achats fait partie du coût de vos marchandises. S’il n’est pas compris dans les achats attestés, il s’ajoute.
- Les marchandises sauvées : leur valeur se déduit, après un recensement contradictoire avec l’expert de la compagnie.
- Le prix du jour : le calcul donne une valeur au prix d’achat inscrit en comptabilité ; selon votre contrat, les stocks se reconstituent au prix du jour du sinistre.
Les pièces à réunir
- Le bilan et le compte de résultat de vos deux derniers exercices (liasse fiscale complète).
- Une attestation de votre expert-comptable des achats et des ventes de marchandises, de la clôture au jour du sinistre.
- L’état de stock de chaque dépôt intact à la date du sinistre, extrait de votre logiciel.
- Le montant du transport sur achats, et la confirmation de son traitement dans les achats attestés.
- La liste des factures reçues non comptabilisées et des commandes facturées non enlevées au jour du sinistre.
- Votre état de stock du site sinistré, avec la façon dont il a été établi et la base de ses prix unitaires.
Évaluer votre stock en ligne
L’outil d’évaluation du cabinet applique cette méthode à vos chiffres. Déposez vos bilans ou remplissez le questionnaire guidé : vous obtenez le calcul pas à pas, la comparaison avec votre état de stock et la liste des pièces à réunir.